Joël Champetier, un ami cher et un Boréalien de la première heure

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Publié par Jean-Louis Trudel

Joël Champetier au congrès mondial de science-fiction, Anticipation, à Montréal en 2009, avec le trophée d'un autre Prix Aurora pour la revue qu'il dirigeait.

Au terme d'un combat de plusieurs mois, notre ami Joël Champetier a succombé le samedi 30 mai dernier à une leucémie diagnostiquée après le congrès Boréal 2014. Il avait cinquante-sept ans et il avait assisté à quasiment tous les congrès Boréal depuis le premier en 1979. Sa présence souriante chaque année nous était chère et son absence laissera désormais un vide irremplaçable.

Il était l'auteur de huit romans, sept livres pour jeunes et près de trente nouvelles. Il avait apprécié et pratiqué la science-fiction, la fantasy, le fantastique et l'horreur avec un égal bonheur. Ses fans se délectaient de l'humanité foncière de ses personnages et du traitement original de ses thèmes. Parmi ses ouvrages les plus marquants, il faut citer l'aventure de science-fiction La Taupe et le dragon, publiée par Tor en traduction anglaise aux États-Unis sous le titre The Dragon's Eye (1999), le suspense fantastique La Mémoire du lac, la saga de fantasy Les Sources de la magie et le roman d'horreur La Peau blanche, qu'il a scénarisé pour la réalisation par Daniel Roby du film du même nom, qui a obtenu un prix au festival international du film de Toronto en 2004 et connu une carrière internationale sous les titres White Skin et Cannibal. 

Invité d'honneur du congrès mondial de fantasy en 2001, Joël a récolté de nombreux prix comme auteur (sept fois le prix Boréal ou Aurora-Boréal, deux fois le prix Aurora, une fois le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique et une fois le Prix Jacques-Brossard). Il en a reçu plusieurs autres pour son travail de coordination et de direction littéraire de Solaris, un des plus anciens périodiques de SF encore actifs au monde.

Né à Lacorne (Abitibi) en 1957, Joël avait travaillé durant quelques années pour l'entreprise familiale d'électrochimie avant de se consacrer aux genres de l'imaginaire à temps plein après avoir publié sa première nouvelle, « Le chemin des fleurs », en 1981. En sus de ses romans pour adultes et pour jeunes, il a fait paraître un recueil de ses meilleurs textes, Cœur de fer (1997), et il a réuni en collaboration avec Yves Meynard l'anthologie Escales sur Solaris (1995) pour célébrer le vingtième anniversaire de la revue Solaris. En 2014, déjà atteint par la maladie, il a néanmoins aidé à superviser la publication du numéro spécial du quarantième anniversaire de la revue. Sa dernière nouvelle, « Pour son œil seulement », figurait au sommaire et lui a valu un prix Aurora-Boréal trois semaines à peine avant son décès.

Pilier du congrès, il a aidé à organiser Boréal 1984 et accepté de faire partie du conseil d'administration pendant plusieurs années à l'époque de la relance des congrès Boréal durant les années 1990. Au fil des ans, il a vécu à Montréal, Ville-Marie et Gallix avant de s'établir, il y a presque vingt ans, dans le village mauricien de Saint-Séverin de Proulxville. Il laisse dans le deuil son épouse Valérie Bédard, ses proches et ses amis. Comme directeur littéraire, comme auteur et comme homme, il avait su inspirer l'estime et l'amitié. Il nous manquera.

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